Harmonium et Anches Libres
 
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 L'harmonium d'art

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Olivier Schmitt
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MessageSujet: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 7:03

Je recopie ici le post initial que j'avais rédigé sur la pédagogie de l'harmonium d'art :

Citation :
L'harmonium d'art (ou Kunstharmonium, en anglais the Kunstharmonium) est l'aboutissement des recherches technologiques entreprises par les différents facteurs, avec l'éviction des systèmes les moins intéressants d'un point de vue musical (Mustel a banni toutes les formes de trémolo mécanique). Il est admis que la mise au point de l'harmonium d'art revient à la maison Mustel de Paris, bien que des instruments d'art soient signés en France par Alexandre, Bildé, Dumont-Lelièvre, Richard, Rousseau et en Allemagne par Mannborg et Schiedmayer.

Il se caractérise par un certain nombre d'accessoires qui en amplifient les possibilités interprétatives et des sonorités qui lui sont propres.

Comme tous les harmoniums foulants, l'ambitus du clavier est de 5 octaves, soit 61 notes, de C à c'''', avec une coupure entre e' et f'. Les basses couvrent 29 notes et les dessus 32 notes. La particularité de l'harmonium d'art est de considérer le clavier non pas dans son ensemble, mais comme deux demi-claviers ayant, par le truchement des registres, une tessiture comparable.

De ce concept de base découle l'une des inventions les plus importantes : la double expression. Dans les harmoniums "simples", l'expression se fait par le pédalage, à condition qu'on coupe l'accès du vent au régulateur (lorsqu'on tire le registre "expression"). De ce fait, le moindre mouvement exercé sur l'une des pédales se transmet aux anches et permet de moduler le son comme le ferait un violoniste avec son archet (on peut faire de sforzandos, des forte-piano, des tremblements du son et même des trémolos). Cependant, les nuances s'appliquent de manière uniforme à tout le clavier (ce qui est d'autant plus gênant, que comme toutes les anches, les graves sont plus forts). La double expression, système mécano-pneumatique à soupapes compensées, permet, selon le souhait de l'interprète, de moduler du PPP au FFF la pression indépendamment, pour les basses et/ou les dessus. Ainsi, si l'on met tous les jeux de basses sur un accord très fourni contre une seule note d'un jeu doux pour les dessus, la double expression permet de faire ressortir la note des dessus, sans que l'alimentation des anches graves en pâtisse et que les basses soient écrasantes. Ce système permet donc une plus grande malléabilité de nuances et surtout d'équilibrer des mélanges de registrations tout à fait impossibles autrement. La double expression est contrôlée par les genouillères : à un angle inférieur à 90° par rapport au meuble, la nuance est comprise entre PPP et P, à 90° elle est mF, au-delà, elle va du F au FFF. Son efficacité dépend au préalable de la maîtrise de l'expression simple (son rendement est quasi nul si le registre "expression" n'est pas tiré).

La percussion (inventée par Martin de Provins) est un système qui n'agit que sur les 2 demi-registres n° 1 (cor anglais 8'/flûte 8 ). Quand on tire ces registres (on peut également appeler les n° 1 sans la percussion), un système de marteaux, comparable à celui du piano, s'intercale entre les touches et les anches. Dès que les touches du clavier son effleurées, le système lance de petits marteaux recouverts de feutre sur les anches idoines. Les anches démarrent alors immédiatement, avantage particulièrement appréciable dans les basses. De plus, on peut faire ressortir la percussion par rapport au son des anches, rapprochant ainsi le jeu de celui du piano. La percussion ajoute une légère transitoire d'attaque particulièrement intéressante dans le jeu rapide et staccato.

Le prolongement est un système mécanique qui affecte la première octave grave du clavier. Quand on tire ce registre, un barre se place sous le clavier, de sorte que lorsqu'une (ou plusieurs) touche est enfoncée, elle reste maintenue jusqu'à ce qu'une (ou plusieurs) autre soit jouée. Ce système peut être annulé selon la volonté de l'interprète par l'enfoncement latéral d'une talonnière (souvent la talonnière gauche). Dès que la talonnière est relâchée, le système se remet en fonction. Ainsi certaines notes de basse peuvent être tenues comme des pédales d'orgue ou plutôt à la manière de la pédale "harmonique" du piano à queue (seconde pédale). Une utilisation habile de ce mécanisme, avec une registration appropriée permet d'élargir considérablement les possibilités musicales de l'instrument.

Le forte expressif est un système mécano-pneumatique qui va renforcer l'expression de l'instrument. Quand il est enclenché (un pour les basses, un pour les dessus), des volets horizontaux, comparables à ceux d'une boîte expressive d'orgue, sont mis en action par un soufflet qui s'ouvre plus ou moins selon la pression emmagasinée dans la soufflerie (expression simple et double expression). Plus on pompe fort et plus on ouvre les genouillères, plus les volets s'ouvrent. Comme l'ouverture et la fermeture des volets accompagne précisément les nuances de la soufflerie, l'effet est non seulement très efficace, orchestral, mais aussi d'un rendu très musical.

Des forte fixes existent également, et agissent sur les volets cités plus haut de manière analogue à celle des harmoniums simples (le registre tire le mécanisme d'ouverture et ne permet que les positions ouvertes et fermées).

Les forte (expressifs ou fixes) n'agissent en principe que sur les registres "de l'arrière" du sommier (3, 4, 5, 6, 7 et 8 ). Les registres "de l'avant" sont les 1 et 2 et parlent directement sous le clavier.

Les métaphones (un pour les basses, un pour les dessus, littéralement "qui changent les sons") agissent sur les registres "de l'arrière". Quand les tirants métaphone sont repoussés, de petits volets (juste au-dessus des soupape de notes) recouverts d'une matière "opaque" d'un point de vue sonore sont ouverts et ne gênent pas l'émission des sons. Quand on tire les métaphones, on ferme ces petits volets et les sonorités tranchantes des jeux "de l'arrière" sont alors considérablement atténuées et se rapprochent de la sonorité des jeux "de l'avant", d'une grande douceur. Les métaphones donnent aux jeux qu'ils modifient un timbre lointain et éthéré, particulièrement sur les ondulants.

Les registres propres à l'harmonium d'art et leur description. Outre les registres 1, 2, 3 et 4 qu'on trouve dans les harmoniums standards, l'harmonium d'art s'enrichit de timbres particuliers. La plupart ont été mis au point par la maison Mustel.

Dans les basses, le 5 Harpe éolienne 2' (2 rangs). Ce jeu est constitué de deux anches par note, l'une légèrement haute, l'autre légèrement basse, afin que la résultant soit en 2' et qu'on puisse mélanger le jeu à d'autres sans avoir de désagréable impression de fausseté. Les anches en sont très fines afin d'obtenir un son ondulant éthéré très proche des cordes.
Le 6 contrebasse 16', peut soit être l'emprunt de la première octave du 2 (Bourdon 16') pour l'utilisation en basses du prolongement. Dans certains cas, le 6 est un jeu autonome.

Dans les dessus, le 5 Musette 16' est à l'octave grave du 4 hautbois 8' et en complète le timbre. C'est un excellent jeu de solo. Le 6 Voix céleste 16' (2 rangs) est construit sur le principe de la Harpe éolienne des basses, mais avec des anches comparativement plus large. Elle est d'une sonorité douce et pure. Le 7 Baryton 32' est à l'octave grave de la Musette 16' et la complète, avec un timbre légèrement plus large. Très bon jeu de solo, il permet des effets très orchestraux (32'-4', 32'-8' joués à l'octave aiguë ou à la double octave aiguë). Il permet aussi de jouer des accompagnements graves et chargés à la main droite, alors que la main gauche fait le solo (on comprend alors l'intérêt de la double expression!).
Le 8 Harpe éolienne 8' (2 rangs) est identique à celle des basses dans sa construction.

Cette disposition peut paraître déroutante (2' dans la basse, 32' dans les dessus...), mais s'explique par la conception en 2 demi-claviers ayant chacun les mêmes possibilités timbrales et de hauteurs sonores. On peut évidemment utiliser le même timbre sur tout le clavier (comme on le ferait sur un harmonium simple), mais les combinaisons rendues possibles par les demi registres propres à l'harmonium d'art en démultiplient à l'infini les combinaisons et les effets. Dans les partitions, les registrations d'harmonium d'art sont indiquées par des numéros (comme pour l'harmonium simple), mais encadrés de carrés (et non de ronds).

Disposition d'un harmonium d'art :

Clavier (en bas, C-c'''') coupure entre e' et f'

BASSES
Pr prolongement (sur C-H)
Mét Métaphone
F Forte fixe
0 Forte expressif
6 Contrebasse 16 (jeu doux s'il est réel, sinon emprunt de C-H du 2)
5 Harpe éolienne 2 II (son éthéré et ondulant des cordes)
4 Basson 8 (son émouvant, tendu à la manière du violoncelle)
3 Clairon 4 (clair limpide, lumineux sans être agressif)
2 Bourdon 16 (son ample, rond, à la manière des cors et des tubas)
1 Cor anglais 8 (son doux, un peu fort et nasal)
1P Percussion et Cor anglais 8 (imite le cymbalum)

Expression
Grand Jeu (1 2 3 4 basses et dessus)

DESSUS
1P Percussion et Flûte 8 (cymbalum)
1 Flûte 8 (son rond, légèrement voilé)
2 Clarinette 16 (son puissant mais un peu émoussé)
3 Fifre 4 (son pointu, un peu blafard)
4 Hautbois 8 (son de violon, très expressif)
5 Musette 16 (son noble, très chantant)
6 Voix céleste 16 II (son trémulant, cordes avec sourdines)
7 Baryton 32 (son ample, jeu de solo très important)
8 Harpe éolienne 8 II (son éthéré, un peu tranchant)
F Forte fixe
0 Forte expressif
Mét Métaphone

Genouillères pour la double expression
Talonnière gauche pour annuler l'effet du prolongement
Talonnière droite pour appel/retrait du Grand Jeu (1 2 3 et 4 pour les basses et dessus)

Tous les jeux peuvent être ajoutés au grand jeu (y compris les ondulants).

Certains instrument sont encore pourvus d'un clavier (toujours celui du haut) de célesta (autre invention de Mustel) ayant pour tessiture c-c'''' (49 notes). La première octave est en accouplement permanent I/II. Dans les orgue-célestas Mustel, l'accouplement des claviers se fait toujours dans le sens I/II.



Un Kunstharmonium Mustel de 1908.



Un Kunstharmonium avec célesta Schiedmayer, modèle "Dominator" de 1929.

En espérant que ce petit exposé intéresse quelqu'un... parce que l'harmonium n'est pas une immonde pompe à psaumes, parce que son répertoire de concert est remarquable et qu'il y a énormément d'instruments à sauver.

Pour expliquer la relativement faible diffusion de cet instrument qui était pourtant arrivé à son épanouissement technologique et musical, plusieurs points ont été soulevés :

- le prix, très élevé, avec son corollaire, qu'une fois un instrument acheté, compte tenu de l'importance de son investissement et de sa robustesse, il n'est pas nécessaire de renouveler régulièrement le parc instrumental (idem pour bon nombre d'harmoniums simples, que nous retrouvons le plus souvent dans un état très satisfaisant par rapport à leur âge et leur faible voire inexistante utilisation) ;

- la difficulté technique de maîtriser les mécanismes propres à cet instrument (expression, double expression, percussion "chantante", prolongement, registrations plus complexes) qui s'adresse à des musiciens confirmés ;

- la difficulté du répertoire propre à l'harmonium d'art, de conception symphonique et impressionniste, au langage souvent complexe ;

- la rareté relative de ce répertoire (en France : Lefébure-Wély, Alexandre Guilmant, Alphonse Mustel, Jules Mouquet, Ferdinand de la Tombelle ; en Allemagne : Sigfrid Karg-Elert — autant comme compositeur que transcripteur — et...?) en comparaison du répertoire pléthorique écrit pour harmonium simple, qu'il s'agisse de musique liturgique (indénombrable et de qualité très inégale, souvent plus fonctionnel qu'autre chose) ou "concertante" (dont les fameux recueils pour "orgue ou harmonium" de Bizet, Franck, Vierne, Tournemire (Variæ preces), Litaize, Langlais (24 Pièces op. 6, Dominica in Psalmis...) ;

- alors que l'harmonium et surtout l'harmonium d'art est réclamé régulièrement en musique de chambre (au point d'être considéré par certains comme l'instrument le plus adapté au petites formations par ses couleurs et ses propriétés expressives) et en musique symphonique (tapez "harmonium" sur IMSLP et comptez le nombre de pièces orchestrales dans lesquelles figurent l'harmonium), en tant que soliste il a été malgré tout considéré comme inférieur (au point que cela nuise aux compositeurs qui s'y adonnaient trop, comme le soulignait Emmanuel qui citait Karg-Elert lui-même).

Comment expliquer cette rareté de l'harmonium d'art alors qu'il constitue un chaînon essentiel entre piano et orgue en en gardant les qualités respectives, tout en ayant sa propre personnalité?
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escolore



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 7:49

Sur l'utilisation de la double expression, il y aurait sans doute une étude à peaufiner. Il semble que les conseils d'utilisation prodigués par Mustel ne soient pas forcément en adéquation totale avec les habitudes de la notation musicale ordinaire.
Mustel propose d'utiliser la double expression fff dès le départ en nuançant ensuite jusqu'au ppp éventuel. Il se trouve que l'option inverse correspond au moins aussi bien à l'exécution d'une pièce écrite quelconque.

Pour ma part, j'assimile volontiers cette esthétique à celle retenue par ACC avec son récit expressif de St-Suipice.Le "tutti" de Mustel double expression au pp sonne assez "grand-orgue" lointain comme le récit boîte fermée.

On peut se demander la fonction exacte prévue pour la HE de 8 à la main droite (pour être équivalente à celle de 2 de mg elle aurait dû être de 2'). Nous avons une Christophe et Etienne où la HE est de 8' sur toute l'étendue du clavier...
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Olivier Schmitt
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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 8:37

Pour ce qui est de la Harpe Eolienne 8 des dessus, en fait, si on considère qu'elle commence au milieu du clavier, les premières anches a physiquement la même taille que celles qui commencent la Harpe Eolienne 2 des basses. Le fa3 de la Harpe Eolienne 8 sonne à la même hauteur que le fa1 de la Harpe Eolienne 2.

Cette HE 8 des dessus a été certainement introduite pour permettre des combinaisons équivalentes entre les deux moitiés de clavier et ainsi enrichir les registrations. Ensuite, Qu'elle soit soliste ou avec d'autres jeux, elle apporte une couleur très intéressante.

Je ne sais pas ce qu'en dit Karg-Elert dans son Traité de registration pour Kunstharmonium (je n'ai pas l'ouvrage).
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christophe Morisset



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 8:56

bonjour,
que tout cela est interressant surtout au moment où je voulais poser la question de la définition d'un harmonium d'art.
cependant; je viens d'acquérir un harmonium Schyvens (circa 1890) qui a (presque) tout d'un instrument d'art exepté que sa double expression est simplement mécanique (au premier examen attif car l'instrument n'est pas encore chez moi) et qu'il possède en outre pour chaque mains d'un pianissimo expressif.

sinon c'est: harpe héolienne,basson,clairon,bourdon,cor anglais,percussions,pianissimo exp, gd jeu,exp,pianissimo exp,percussion,flute,clarinette,fifre,hautbois,musette,voix celeste,baryton.
double expression mécanique,pas de prolongement, pas de forte expressif.
clavier transpositeur
pouvons nous parler d'instrument d'art avec une telle composition ou simplement d'un harmonium traditionnel élaboré ?
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Olivier Schmitt
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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 9:47

La composition de votre instrument (trouvé sur Gebrauchtorgel par hasard?) avec ses 6 jeux et son mécanisme de percussion mérite déjà l'appellation d'harmonium d'art. Les pianissimos expressifs permettent certainement de donner un effet relativement comparable à celui de la double expression mais de manière fixe (alors que le double expression peut intervenir en cours de jeu par l'utilisation des genouillères).

Avant tout, j'aurais tendance à dire que ce sont sonorité et composition qui priment. La double expression permet des mélanges qui sont difficilement réalisables autrement (solo FF de basse de Clairon 4 alors que la main droite a Baryton 32 et flûte 8+percussion par exemple), mais après, il faut voir avec chaque instrument, selon ses spécificités (un harmonium d'Art Richard n'est pas un Alexandre ou un Mustel ou un Titz ou un Schiedmayer...).
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escolore



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 10:15

En fait, une erreur de frappe m'avait fait écrire HE de 2 à la md au lieu de HE de 4 que j'aurais dû écrire pour avoir l'exacte similitude de timbre à la md et à la mg.

La raison est peut-être uniquement matérielle avec l'extrême difficulté (impossibilité?) de construire des anches étroites en diapason de 4' à l'aigu.

De toute façon, l'ensemble 32,16,8,4 à la md ne sonne absolument pas comme 16,8,4,2 à la mg. Le Bourdon 16 est très gras et rond, le Baryton 32 léger et chantant.
L'effet "cordes" de la HE est convaincant à la mg, moins évident à la md.

L'effet recherché semble plus symphonique que concertant.
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Emmanuel



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Ven 4 Juin 2010 - 11:16

Des réactions aux messages précédents :

Je commence en signalant une petite erreur dans l'article très documenté d'Olivier : le n°6 "Voix céleste" ne fait pas partie des jeux de derrière, c'est bien un jeu de devant. Les anches se situent entre la flûte et la clarinette. On trouve cette confusion chez Guilmant dans "Aspiration religieuse" où il demande dès le départ, pour les dessus : C + Métaphone. Le métaphone ne peut agir sur la voix céleste.

Sur l'angle d'ouverture des genouillères, je viens de faire un relevé sur un Mustel : en ouvrant à 76°, on rentre en contact avec le bouton-poussoir ; à partir de cet angle, jusqu'à une ouverture maximale de 112° on renforce le son. J'avoue, cher Escolore, que je n'ai pas bien compris ce que vous disiez au sujet de l'emploi de la double expression et de ce qu'en dit Mustel. Dans le tome II de son livre (p. 101 et suivates), il consacre 40 pages à l'étude de celle-ci, et il est bien entendu, que tous les cas sont envisagés, y compris le ppp au départ, allant vers le fff.

Pour Jean-François : il me semble que sur les photos, ces plateaux munis de roulettes présentent un inconvénient non négligeable; ils ploient en leur centre (je suis le seul à voir cela ?) ce qui cintre malheureusement l'harmonium...
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Emmanuel



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MessageSujet: Harpe éolienne   Ven 4 Juin 2010 - 11:39

Un point sur le jeu de Harpe éolienne, présentée par Mustel dès l'Exposition universelle de 1855 dans les basses, comme 2 pieds. D'autres facteurs ont utilisé cette terminologie pour désigner des demi-jeux ou jeux complets de 8 ou 16 pieds.
L'introduction par Mustel dans les jeux de dessus date de la fin du XIXe s. La Harpe éolienne "8" est proposée dès le catalogue de 1896 et était présente dans les dessus de l'harmonium à deux claviers présenté à l'Exposition de 1889 (configuration particulière, cela dit, puisqu'elle couvrait l'étendue du clavier, 1re octave 1/2 mise à part).

Les premiers compositeurs qui l'ont utilisée, l'ont souvent fait de façon facultative (voir Mouquet par exemple).

Je ne mets plus la main sur "Die Kunst des Registrierens" de KE, aussi je vous livre ce qu'en disait le rejeton de l'inventeur, ce qui n'est pas plus mal:

in : Alphonse Mustel, L'Orgue expressif ou Harmonium, tome II - École, p. 230 :

La Harpe Eolienne qui appartient aux registres des Dessus ne présente aucun caractère particulier qui la différencie de la Harpe Eolienne du clavier gauche, précédemment décrite. C'est le même timbre, la même suavité. La différence réside seulement dans les combinaisons qu'on en tire, étant donné son diapason spécial. Remarquons seulement que l'étendue qu'elle embrasse diffère de la Harpe Eolienne de gauche en ce sens qu'elle perd cinq notes dans les basses, soit de Do à Mi inclus, et qu'elle gagne huit degrés vers le dessus, depuis le dernier Fa jusqu'au dernier Ut aigu. Ces notes supplémentaires à l'aigu ajoutent beaucoup à l'instrument.
Sur toute son étendue la Harpe Eolienne des Dessus sonne à l'unisson avec le jeu principal, la Flûte, et le deuxième huit pieds, le Hautbois. C'est donc un troisième huit pieds qui, dans bien des cas, doit concourir à renforcer la prédominance des huit pieds établissant le diapason moyen de l'instrument. A ce seul point de vue, elle rend les plus grands services. Employée à l'unisson avec ces deux registres-là seulement, elle en augmente la valeur expressive, étant l'un des jeux les plus souples de l'instrument. D'autre part, cette sorte d'ondulation dont elle est animée communique au son provenant du mélange de ces trois huit pieds une douceur très communicative, un charme indéniable.
Les observations que nous avons formulées au sujet de la Harpe Eolienne des Basses s'appliquent exactement à la Harpe Eolienne des Dessus.
C'est le même son avec les mêmes qualités et les mêmes aptitudes, mais aussi avec les mêmes inconvénients. Il ne convient pas d'en forcer la nuance, pas plus que pour la Harpe Eolienne de deux pieds. Comme celle-ci, elle ne manque pas de devenir stridente, dure, désagréable, dès que l'exécutant excède une certaine pression sur les pédales.
La Harpe Eolienne ne saurait être employée de la sorte ; elle réclame précisément l'exagération contraire, car elle est d'un effet délicieux dans la teinte douce, notamment en accords.
[exemple musical : Vesper de Mustel ; 8+0]
Sous cette forme nous la trouvons employée par Samuel Rousseau.
[exemple musical : Méditation de Rousseau ; 8+0]
De tels exemples pourraient être cités nombre de fois, la Harpe Eolienne des Dessus prêtant à ce genre où elle apparaît assurément sans rivale. Aucun autre registre ne peut lui être substitué, car aucun ne possède ce timbre doux, éthéré, mystique, qui plane mystérieusement et surprend si délicatement l'oreille.
En combinaison, cette Harpe Eolienne donne prétexte aux mélanges les plus séduisants, à l'expression puissante et imagée ; avec les deux seize pieds Musette et Voix céleste elle constituera l'ensemble le plus prenant dont le caractère expressif ainsi que le timbre donnent au mieux l'illusion du groupement des instruments à cordes de l'orchestre.
[exemple musical : Brise de Nuit de Mustel ; 5+6+8+0]
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Olivier Schmitt
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MessageSujet: 1   Ven 4 Juin 2010 - 21:51

Effectivement, la Voix céleste est du côté des jeux de devant. Au temps pour moi. Voici un extrait du tome 1 de l'Orgue expressif ou Harmonium d'Alphonse Mustel :


Il s'agit d'un harmonium de 6 jeux (5 en basse, 7 en dessus) similaire à celui que possédait Guilmant. On voit bien l'ordre des jeux :

1 Cor anglais 8
1 Flûte 8

6 Voix céleste 16 16
2 Bourdon 162 Clarinette 16
3 Clairon 4
3 Fifre 4
5 Harpe éolienne 2 2
5 Musette 16

7 Baryton 32
4 Basson 8
4 Hautbois 8

Peut-être Guilmant voulait déjà préparer le métaphone pour l'introduction de la Musette (qui arrive quelques pages après) afin de ne pas avoir une sonorité trop tranchante.

Ensuite pour ce qui est du dessus de Harpe éolienne 8, finalement, le fait de proposer des identités de hauteurs de registres entre les deux parties de clavier, sans avoir exactement les mêmes couleurs et mélanges est certainement un atout pour diversifier les combinaisons dans une optique symphonique, de même que jamais deux flûtes harmoniques ou deux trompettes ne sont identiques dans un même instrument.
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Choriphone



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 24 Oct 2010 - 15:49

Je ne peux m'empêcher de venir mettre mon "grain de sel" dans
ce "feuilleton" passionnant sur l'harmonium d'art.
Il est trés agréable de pouvoir lire des choses tout à fait bien analysées
de voir partager des points de vue qui se défendent etc.
et le tout, sans trop d'erreurs ou de fantaisie.

Quelques remarques ou interrogations cependant :

Il semblerait que la maison Dumont n'ait rien fait
dans le domaine de l'harmonium d'art. Si quelqu'un
en en déjà rencontré, je serai vivement intéressé de voir
ou plutot d'entendre ce que cela donne. En effet, les recherches
passionnantes et valeureuses de ce facteur n'étaient pas orientées
vers la logique de l'instrument d'art, mais plutot dans une logique
d'imitation de l'orgue à tuyaux.

Au sujet des volets de "métaphone". La matière les recouvrant
est assez souvent du cuir.

Le N°6 dans les basses peut être aussi, un Basson de 16 pieds.

Hautbois, Musette et Baryton se complètent : du point de vue tessiture, oui !
Mais du point de vue timbre il y a des différences. Karg-Elert à la fin
du 2ème mouvement de la sonatine N°3 le montre trés bien.

La Harpe Eolienne de main gauche et celle de main droite sont semblables (?)
Pas tout à fait ! le traitement des anches semble un peu différent.
L'effet n'est pas le même comme le dit trés bien Escolore : symphonique à droite,
concertant à gauche ! L'utilisation de ces demi-jeux dans la littérature le montre souvent.

Quant au "chaînon" entre le piano et l'orgue...
Je ne suis pas trop d'accord. Le racourci est un peu "raide" !
Ces instruments, même s'ils ont tous trois, un clavier, ont chacun
un tempérament bien spécifique. Ainsi, l'instrumentiste même si c'est
la même personne, n'est pas le même (doigts et tempérament) quand
il joue l'un ou l'autre (c'est là le "secret"...)
Néanmoins, du point de vue de la technique de jeu, celle de l'harmonium emprunte
à celle de l'orgue mais aussi à celle du piano.

Quant au sujet de la double-expression, Olivier dit la vérité : c'est un "atténuateur".
elle permet une variation de l'équilibre des nuances entre les deux parties du clavier.
Enfin, il semble que certains facteurs (dont Debain) aient toujours refusé la double-expression,
la remplaçant par un système plus ou moins compliqué de volets (entre autres systèmes).
Une des grandes différences réside dans le fait que tous les sytèmes de subsitution
n'influent pas sur la vibration de l'anche donc sur la production du son mais interviennent
après en influant, eux, sur sa propagation ou sur sa resonnance.









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Emmanuel



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 24 Oct 2010 - 18:40

Bonsoir Choriphone,

Je reviens sur trois points de votre message :

- le n°6 dans les basses ; dans l'harmonium d'art (Mustel), je ne connaissais que la "Voix humaine", jeu de 4 pieds. Sur quel instrument trouve-t-on des bassons de 16 ? (vu sur Alexandre mais dans un harmonium "traditionnel" ; registre non numéroté).

- la différence entre harpe éolienne des bases et des dessus. Je n'ai fait que reproduire ce qu'en disait l'inventeur qui semble ne pas faire de distinction. Naturellement, cela est vérifiable sur un instrument possédant ces deux registres. L. Huivenaar doit savoir cela parfaitement. De votre côté, avez-vous constaté des différences dans la facture ou l'harmonisation ?

Citation :
Enfin, il semble que certains facteurs (dont Debain) aient toujours refusé la double-expression,
la remplaçant par un système plus ou moins compliqué de volets (entre autres systèmes).
Pour ma part, je ne connais pas de Debain à double expression et ce serait passionnant que quelqu'un nous en signale un. Je peux par contre témoigner avoir vu le contrat (il me semble même que c'était la pierre lithographique) entre Mustel et Debain dans lequel ce dernier achetait les droits d'utilisation du brevet. Je ne me rappelle plus de la date, mais c'était sûrement peu avant le décès de Debain. A-t-il eu le temps de construire de tels instruments ?

A ma connaissance, seuls, en France, Mustel, Alexandre, Richard, Cottino et Rodolphe ont construit des harmoniums d'Art, c'est à dire munis, entre autres, de la double expression. Connaissez-vous d'autres maisons ?
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Nicolas



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Sam 30 Oct 2010 - 15:22

Je crois qu'il y a aussi Couty et Liné. Voici un exemple, mais je ne suis pas sûr que les genouillères soit pour la double-expression.

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Mathieu



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 31 Oct 2010 - 15:34

J'en ai aussi vu par Kasriel et Petitqueux-Hilard...
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Nicolas



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 31 Oct 2010 - 16:26

Je crois qu'il s'agit de ce Kasriel, n'est-ce pas Mathieu?: à moins que ce n'en soit un autre.



Avez-vous des photos du Petitqueux-Hilard?

Very Happy Very Happy Very Happy
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Mathieu



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 31 Oct 2010 - 18:45

C'est bien celui-ci.
Pour les Petitqueux-Hilard, je n'ai que le souvenir d'un article concernant leur manufacture dans une revue d'harmonium dont j'ai oublié le titre, ainsi qu'un rapide coup d'œil dans une chapelle privée à un rare exemplaire à deux claviers et pédalier, où je crois avoir vu la percussion et des genouillères. A confirmer...
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Rodolphe.D



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MessageSujet: Re: L'harmonium d'art   Dim 31 Oct 2010 - 21:00

réponse tardive, au vol, et au fil des lectures...

sur le Rodolphe-Fils-Debain (qui a maintenant repris son service dominical...) la voix céleste (de 16 pieds) est un jeu de l'arrière...
comme on le voit sur cette photo :

http://rmcks.pagesperso-orange.fr/harmonium/rodolphe.htm




il s'agit du troisième jeu à gauche en montant, mais les soupapes concernées font bien partie de "l'arrière" et se trouvent sous le volet de forte! S'agit-il d'une exception, ou l'emplacement de la voix céleste (qui au passage, en raison de son emplacement, et du fait de sa tessiture de 16' est un peu "dure", cat le son n'est pas amorti par de la ouate...) est-il variable suivant le facteur, l'importance l'instrument, etc...?
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